Espaces partagés
Espaces partagés
Les paysages qui s'étendent de part et d'autre de la frontière canado-américaine témoignent d'une relation profonde et durable entre nos deux nations. Nos pays sont liés d'un bout à l'autre du pays par des espaces communs exceptionnels, des intérêts partagés, des ressources partagées et des cultures communes. Comme dans une famille, on n'est pas toujours d'accord sur tout, mais on peut convenir qu'on partage l'un des plus beaux endroits au monde.
Voici quelques exemples de nos employés-propriétaires qui profitent de ces espaces partagés.



VOIE DE MER DU SAINT-LAURENT
~ De la part de Dominic Papineau, représentant commercial des livres pour le Québec
La voie maritime du Saint-Laurent a toujours été pour moi bien plus qu'une simple voie navigable… c'est un lien vivant qui unit les paysages, les communautés et les histoires. Ayant grandi près de ses rives, j'ai appris à la percevoir non seulement comme une voie commerciale essentielle, mais aussi comme un endroit où la nature et la culture se rencontrent dans une harmonie paisible.
Parmi mes plus beaux souvenirs, il y a ces voyages d'été en famille, à sillonner les charmantes villes riveraines qui jalonnent le fleuve. Chaque étape offrait quelque chose d'unique : des marchés locaux, des visages amicaux et des paysages toujours aussi enchanteurs. Mais un moment reste gravé dans ma mémoire : un après-midi paisible sur un petit bateau, glissant sur la surface lisse du fleuve. Le silence était complet, seulement troublé par le chant des oiseaux et le doux clapotis de l'eau. On a regardé les aigles planer au-dessus de nos têtes et on a regardé la végétation luxuriante qui bordait les deux rives. C'était un moment de paix et de ressourcement, qui nous a rappelé la chance que nous avons de vivre si près d'un tel endroit.
Le fleuve lui-même est un symbole de lien… entre le Canada et les États-Unis, entre les gens et la nature. Il abrite un riche écosystème et a longtemps été une voie d’échanges commerciaux, de voyages et culturels. C'est facile d'oublier l'importance dans le tourbillon du quotidien, mais des moments comme cette promenade en bateau nous la rappellent.
Pour moi, la voie maritime du Saint-Laurent est un lieu de recueillement, de souvenirs partagés et d'une beauté paisible. J'ai hâte de passer encore bien des moments sur ses rives.
Côte du Pacifique
~ De la part de Coreen Lychak, consultante en impression d'annuaires, Colombie-Britannique et Californie
En tant que Canadienne de la côte ouest arrivant en Californie, le paysage me semble à la fois familier et d'une nouveauté rafraîchissante. L'océan Pacifique longe le littoral comme chez moi, mais ici, il se déploie à un rythme différent. Pour moi, la Californie est comme un pendant ensoleillé aux rivages sauvages et balayés par la pluie de l'île de Vancouver. Les deux sont accueillantes, dynamiques et d'une beauté infinie, dignes d'une photo.
Sur le plan culturel, on retrouve aussi des influences locales, notamment dans des régions comme le nord de la Californie, où les activités de plein air et la passion pour la créativité occupent une place centrale. Des villes comme Vancouver et San Francisco débordent d'innovation et d'art, tandis que les petites villes offrent un charme authentique et une saveur locale. Mais là où les Vancouverois sirotent un café artisanal sous une pluie fine, les Californiens savourent un café au lait glacé à l'avoine sous un soleil de plomb.
Les Californiens que je rencontre me rappellent les gens de chez moi. Nous sommes tous aussi différents que les paysages qui nous entourent, et pourtant, beaucoup d'entre nous partagent un point en commun : une gentillesse sincère, un esprit expressif et une fierté pour leur communauté. Leur amour de la nature et leur ouverture d'esprit me sont étonnamment familiers, faisant écho à l'atmosphère décontractée de la côte ouest que je connais si bien.
La Colombie-Britannique, comme la Californie, est reconnue pour sa beauté naturelle, son climat doux et ses villes à la culture riche. À quelques pas de là se trouve l'île de Vancouver, mon havre de paix. Ici, la vie coule plus lentement, au milieu de forêts luxuriantes, de vues imprenables sur l'océan et d'innombrables possibilités d'aventures en plein air. Bien que séparée du continent, ce que j'aime le plus sur l'île, c'est son effervescence culturelle, de l'élégance de Victoria aux rivages sauvages de Tofino. Elle attire les amoureux de la nature, les artistes et les aventuriers du monde entier grâce à ses sites de pêche exceptionnels, ses paysages à couper le souffle et sa qualité de vie.
Voyager à travers la Californie en tant que Canadienne de la côte ouest me donne l'impression de rendre visite à un cousin qui partage ma passion pour la nature et la culture, mais avec une touche ensoleillée et une joie de vivre un peu plus intense. Ces deux paysages occupent une place spéciale dans mon cœur.
~ De Shelly Townsend, consultante en impression d'annuaires, Californie
La côte Pacifique est mon chez-moi depuis toujours, un endroit où beauté et paix se rencontrent à chaque marée. Le rythme des vagues est comme une conversation avec l'âme, chacune emportant un souci et laissant place au calme. Marcher sur le rivage, contempler l'horizon infini, a toujours été l'un de mes passe-temps favoris, un rappel que la grâce de la nature est à la fois apaisante et sans limites.




MONTAGNES DES APPALACHES
~ De Brandie Herrell, représentante commerciale pour le sud-est des États-Unis
Les Appalaches ont toujours occupé une place spéciale dans ma vie. J'ai grandi au pied des Appalaches, dans l'arrière-pays du Kentucky, élevé par des grands-parents dont les racines s'enfonçaient encore plus profondément dans ces montagnes. Cet héritage imprégnait tous les aspects de mon enfance : notre langue, l'approvisionnement en eau du puits, notre immense potager, la musique bluegrass, l'élevage de nos animaux, la chasse, la pêche, les conserves de légumes pour l'hiver, et même nos vacances en famille. Chaque été, mes grands-parents m'amenaient faire le même pèlerinage, au cœur des Appalaches. Pendant deux semaines, on arpentait les terres, du Kentucky au Tennessee, puis on traversait la Caroline du Nord. Ces journées d'été dans les montagnes comptent parmi mes souvenirs les plus précieux et les plus magiques.
Devenue mère de quatre enfants, j'ai continué ces voyages dans les Appalaches. Je voulais créer nos propres moments inoubliables, partager notre histoire et leur faire découvrir par eux-mêmes les merveilles de cette région.
Je dis « émerveillement » parce que les Appalaches sont uniques au monde. C'est comme un voyage dans le temps, un aperçu de la splendeur que Mère Nature déployait avant l'intervention humaine. Bien que les montagnes soient escarpées et impitoyables, elles sont enveloppées de forêts denses et luxuriantes qui éveillent tous les sens. C'est le genre d'endroit où l'on s'imaginerait des fées ou des lutins vivre. Là où une forêt moyenne compte une cinquantaine d'espèces d'arbres, les Appalaches en abritent trois fois plus, soit 150. C'est un lieu hors du temps, comme figé dans le temps.
Selon mon expérience, les habitants des Appalaches sont tout aussi heureux que nous les oubliions. Ils préfèrent rester loin du tumulte du monde. Ils vivent en harmonie avec les collines ondulantes et les pins omniprésents. Ce ne sont pas des gens riches ou raffinés, mais des gens fiers de leur labeur et de leur honnêteté. Je m'efforce aujourd'hui de transmettre cet esprit des montagnes dans tout ce que je fais.
LES GRANDES PLAINES
~ De la part d'Holly Thorne-Wiebe, coordonnatrice du marketing numérique chez Friesens
Je suis fière d'être originaire des Grandes Plaines, et plus précisément du cœur du Manitoba. Au fil des ans, j'ai vécu dans de nombreuses régions du Canada, et chaque fois que quelqu'un apprend que je viens du Manitoba, j'entends souvent un « Je suis désolé(e) de l'apprendre » compatissant. Mais honnêtement, je ne changerais de région pour rien au monde.
Dans les Prairies, il y a une magie discrète, difficile à expliquer. L'immensité du ciel et la douce brise qui souffle à travers les champs de blé doré. En été, la terre explose de couleurs : les champs de canola jaune et de lin bleu s'étendent à perte de vue. C'est un paysage qui reflète la paix et la résilience.
Mes racines sont profondément ancrées dans les Prairies. Mes arrière-grands-parents ont déménagé de l'Irlande en Saskatchewan en 1902, où ils ont bâti leur vie en pleine nature. Ma grand-mère parlait avec tendresse de son enfance à la ferme familiale, à une dizaine de kilomètres au nord de la Transcanadienne. Son frère a repris l'exploitation, et aujourd'hui, mon cousin, avec l'aide de son fils, perpétue cette tradition.
Quand je me suis mariée en 2023, je voulais que mes ancêtres soient présents à la fête. J'ai demandé du blé de la ferme à ma cousine. Mais pas n'importe quel blé… J'ai reçu des épis provenant de la parcelle d'origine de 1902. C'était un puissant rappel de mes racines et de la force de ceux qui m'ont précédée.
Oui, plusieurs villages ont disparu et de vieilles maisons tombent en ruine. Mais même dans ce délabrement, la beauté subsiste… un témoignage discret de rêves autrefois vécus. Les Grandes Plaines sont peut-être modestes, mais elles sont pleines d’histoire, d’âme et d’espoir. Et je suis tellement fière d'appeler cet endroit mon chez-moi.




LES GRANDS LACS
De la part de Ron Such, représentant des ventes pour la région de l'Atlantique
J'ai toujours cru que les Grands Lacs étaient un élément unificateur entre nos deux pays, liés par l'eau et non divisés par des frontières.
S'étendant sur de vastes paysages, les Grands Lacs comptent parmi les plus grands systèmes d'eau douce au monde. Chaque lac a son propre caractère, mais pour moi, le lac Huron occupe une place particulière. Des vagues déchaînées des tempêtes aux eaux calmes et apaisantes, il a été un point de repère constant dans la vie de ma famille, au fil des quatre saisons. Je suis profondément reconnaissant de la sérénité et de la joie qu'il nous a apportées… que ce soit pour nager, faire du bateau, de la planche à voile ou, plus récemment, du vélo le long de ses magnifiques rives. Et les couchers de soleil ? Absolument époustouflants.
Le lac Huron est intimement lié à l'histoire de notre famille. Mon père y a construit notre premier chalet, et à son décès, il m'a demandé de disperser ses cendres sur la propriété. C'était une journée froide et calme de janvier… pas un souffle de vent, et personne aux alentours. Assis dans le fauteuil préféré de mon père sur la véranda, j'ai murmuré une prière. Au moment où je dispersais ses cendres, une soudaine rafale de vent s'est levée, emportant doucement les cendres au loin. Ça a duré une trentaine de secondes, puis ça s'est dissipé. J'ai eu l'impression que la nature elle-même lui rendait hommage.
Les Grands Lacs sont bien plus que de simples plans d'eau : ce sont des lieux de connexion, de mémoire et de sens. Ils relient cinq lacs et deux grandes nations, offrant d'innombrables possibilités de loisirs, de réflexion et de ressourcement. Quoi demander de plus ?
ÎLE DE CAMPOBELLO
~ De Tracy Robertson, Rédaction/Marketing
L'île de Campobello est remplie d'histoire et de charme maritime ; c'est un joyau de la côte est. On peut facilement s'y renseigner en ligne, mais rares sont ceux qui y ont laissé leur marque ou qui peuvent affirmer avec certitude : « Je connais cet endroit comme ma poche. »
L'île fut initialement peuplée par la nation Passamaquoddy, qui la nommait Ebaghuit. Elle a été créée en 1784, lors du partage du Nouveau-Brunswick avec la Nouvelle-Écosse. Cette île canadienne a des racines américaines, car elle était autrefois le lieu de villégiature estival prisé de Franklin D. Roosevelt, de son épouse Eleanor et de leur famille. Aujourd'hui, elle abrite un parc et un musée ouverts au public.
Dès notre première visite à l'île Campobello, mon mari et moi avons été immédiatement conquis, et elle est devenue presque chaque année notre destination de choix pour camper et passer notre lune de miel. On a vite compris pourquoi Franklin et Eleanor avaient choisi cet endroit pour leurs vacances d'été. C'est un endroit presque hors du temps, car il n'y a aucune route le reliant au reste du Canada. On ne peut y accéder que par un traversier depuis Deer Island durant l'été, et par un seul pont : le pont commémoratif Franklin Delano Roosevelt, qui relie l'île à Lubec, dans le Maine. Le fait qu'il faille un peu d'effort pour trouver un itinéraire praticable rend l'île d'autant plus attrayante… car cela décourage les touristes bruyants ! Loin du trafic incessant et de la vie nocturne trépidante, l'île Campobello offre un véritable voyage dans le temps, avec ses quais de pêche paisibles et sa tranquillité immuable. Les habitants sont accueillants et décontractés, et le paysage oscille entre criques sauvages balayées par les vents, vues imprenables depuis le phare de Head Harbour où l'on est à la merci des marées, et plages apparemment vierges comme Dunn Beach et Friar's Bay. Chaque recoin de l'île offre des panoramas exceptionnels, et vous pourrez même apercevoir un timide petit rorqual, un rorqual commun ou admirer le spectacle lumineux du soleil couchant sur l'océan.
Nous avons dû explorer chaque recoin des quarante kilomètres carrés de l'île, avec ses routes sinueuses et idylliques, ses villages pittoresques et ses forêts anciennes, sans oublier son attraction phare : Roosevelt Cottage. Un paysage de rêve pour les artistes.
Le mot « location » me vient à l'esprit quand je pense à ce que je ressens pour cet endroit, parce qu'il y aura toujours un lien nostalgique qui ne sera jamais rompu.




CHUTES DU NIAGARA
~ De la part de Rob Tucci, représentant des ventes pour l'Est de l'Ontario
Quand je pense aux chutes du Niagara, des souvenirs bien précis de mon enfance me reviennent. À l'époque, le trajet de notre maison à Toronto me semblait long, mais aussi une vraie aventure, et on faisait ce voyage au moins une fois chaque été.
Selon la météo, on sentait toujours une légère brume s'échapper des chutes et leur puissance incroyable. C'était à la fois fascinant et un peu effrayant. Mes parents veillaient toujours à nous garder, mes frères et sœurs et moi, près d'eux, nous avertissant de ne pas trop s'approcher de la balustrade ou de la clôture.
Chaque fois que nous recevions des visiteurs italiens ou d'ailleurs, les chutes du Niagara étaient une destination incontournable. Mes parents semblaient les exhiber fièrement, et nos proches étaient toujours impressionnés et fascinés. En grandissant, j'ai commencé à apprécier les dîners dans l'un des restaurants sur place et les promenades à Clifton Hill, le quartier animé près des chutes. Il y règne toujours une effervescence de visiteurs découvrant les boutiques et les attractions, comme le célèbre musée de cire Movieland.
Visiter les chutes Niagara en hiver est une expérience complètement différente. Les environs des chutes tumultueuses sont recouverts de glace, transformant le paysage autant visuellement que physiquement. Si vous y allez à Noël, les chutes et leurs environs s'illuminent d'un spectacle de lumières multicolores. C'est vraiment spectaculaire !
Chaque fois que je visite les chutes du Niagara, les souvenirs me reviennent en mémoire avec force. Elles ne figurent peut-être pas officiellement parmi les sept merveilles naturelles du monde, mais si cette liste était un jour élargie, elles y auraient assurément leur place.
LES MONTAGNES ROCHEUSES
~ De la part de Shaelynn O’Neill, consultante en impression d’annuaires, Alberta
Les Rocheuses ont toujours fait partie intégrante de ma vie. Ayant grandi en Alberta, nos étés étaient rythmés par les séjours en camping et nos hivers par les aventures au ski. Certains de mes souvenirs d'enfance les plus marquants se déroulent sur fond de ces sommets escarpés. Je me souviens notamment d'un voyage en voiture, un été, alors que j'étais encore toute petite : je m'étais endormie. En me réveillant, j'ai aperçu une montagne imposante qui se dressait à côté de nous. Elle était si massive et si proche que ça m'a semblé irréel et m'a coupé le souffle. C'était la première fois que je ressentais autant d'admiration pour les Rocheuses, et ce sentiment ne m'a jamais quitté depuis.
Aujourd'hui, vivre à seulement une heure de certains des paysages les plus époustouflants au monde est une vraie bénédiction, car je peux partager cette même merveille avec mes enfants. On fait de la randonnée, du ski et de l'exploration ensemble, créant de nouveaux souvenirs dans les mêmes endroits qui ont marqué mon enfance. Il y a quelque chose dans les montagnes qui vous attire irrésistiblement. Quand la vie me paraît chaotique ou lourde, je me dis : « J'ai besoin d'aller enlacer une montagne. « C'est ma façon de me reconnecter… à la nature, à moi-même.
Debout au pied d'un sommet imposant de plus de 3 000 mètres, on prend conscience de sa place dans le monde. On se sent petit, certes, mais aussi profondément connecté à quelque chose de plus grand. Les Rocheuses ont ce pouvoir d'ancrer, de dissiper les distractions et d'inviter à simplement être. Que je dévale une pente à toute vitesse ou que je contemple un panorama depuis un belvédère, les montagnes continuent de me mettre au défi, de me réconforter et de m'appeler à la maison.




ZONE DE CANOË DES EAUX LIMITROPHES, ZONE SAUVAGE
~ De la part d'Elizabeth Cleveland, représentante commerciale pour le Midwest américain
Quand on m'a demandé d'écrire quelques mots sur la Boundary Waters Canoe Area, j'ai éclaté de rire. Le ZCEL est un véritable joyau du Minnesota, un endroit dont on me parle depuis ma plus tendre enfance, un endroit que les campeurs passionnés ajoutent à leur liste de choses à faire avant de mourir, une expérience incontournable. Et jusqu'à récemment, c'était exactement ce que je pensais : un endroit où je n'étais jamais allée. Je ne suis pas une campeuse et je ne tiens pas de liste de choses à faire avant de mourir. Savoir qu'une telle beauté préservée existe dans mon État natal, nichée contre le parc provincial Quetico, tout aussi magnifique mais plus sauvage, au Canada, m'a toujours suffi.
Puis j'ai rencontré quelqu'un qui pagayait dans le ZCEL et le Quetico depuis son enfance… et qui avait transmis cet amour de la nature sauvage à sa fille. Par amour, j'ai accepté de l'accompagner. Pendant trois étés de suite, je pagayais à même le sol, au milieu d'une flaque d'eau, un husky blotti sur mes genoux, sa fille à l'avant et lui à l'arrière, nous emmenant vers des contrées inconnues (pour moi), avec des portages tantôt faciles, tantôt (relativement) difficiles.
Ce dernier voyage était différent. C'était un voyage en canot, où chaque matin on levait nos bagages et on changeait de campement. Nous sommes partis près d'Ely, au Minnesota, et avons pagayé vers le nord en direction de la frontière canadienne. Le deuxième jour, on a suivi la ligne invisible entre les deux pays, glissant sur des cours d'eau aux noms évocateurs comme Morning Workout et Crooked Lake. Le Canada à notre droite, les États-Unis à notre gauche. Juste de l'eau, des arbres, le ciel… et une ligne imaginaire.
Il est probable que ce fût mon dernier voyage en canot dans le ZCEL, mais il restera à jamais le plus mémorable. Encore aujourd'hui, je ressens une vive émotion en pensant à la mince frontière qui unit deux nations dans cet endroit sauvage et paisible. Juste une ligne sur une carte.